Comparaison des approches idéologiques à partir de 2002

Comparaison des approches Idéologiques en France et en Israël à partir de 2002 et de l'évolution technique et technologique qui en a résulté dans chaque pays

Eaux superficielles / Eaux souterraines

Les contradictions entre approches idéologiques en France et en Israël s'accroissent.

En France, la priorité reste la préservation de la qualité des eaux superficielles : les eaux traitées sont déversées dans les rivières qui continuent à se déverser dans les mers (sans recyclage). La baisse de niveau des nappes phréatiques suite au réchauffement climatique  n'entraine pas de remise en cause de cette approche.

En  Israël, la tendance à donner la priorité à la préservation des "eaux souterraines’' s'accentue. Une équipe dynamique et très compétente  au Ministère de la Protection de l'Environnement prend des initiatives originales sur le plan international (normes INBAR(12) et rôle essentiel de l'expert international David RUBIN(13) pour la mise en œuvre en Israël  des développements technologiques apparus à l'échelle mondiale).

Dans le monde, des révolutions techniques et technologiques se produisent :

-  Aux Etats Unis, l'utilisation innovante de microfiltration et d'ultrafiltration pour le traitement des eaux destinées à la consommation humaine et la réinjection dans les nappes phréatiques

-  Au Canada et au Japon, le développement de la technique du traitement des eaux usées à l'aide de membranes de microfiltration et d'ultrafiltration (technique du MBR(14)) avec possibilité d'atteindre un niveau de qualité de type tertiaire sans nécessiter un  3ème étage de traitement.

-  A Singapour, utilisation des eaux traitées à un niveau de type tertiaire pour alimenter partiellement (près de 50%) les nappes phréatiques exploitées pour la fourniture d'eau potable à la population.

Lutte contre la pollution

En France,

-  Pas de changement caractéristique au niveau des normes.

-  L'appel à la concurrence internationale reste limité : le marché intérieur est toujours dominé par le duopole Degrémont et OTV/Veolia.

-  L'innovation d'OTV/Veolia lancée avec succès sur la Côte d'Azur ne se diffuse pas sur le marché intérieur, ni au niveau mondial.

En  Israël de nouvelles normes (INBAR) sont progressivement mises en place pour élever le niveau de qualité des eaux usées traitées et les rapprocher du niveau des eaux destinées à la consommation humaine. Ces normes imposent l'utilisation de traitement de type tertiaire avancé (le SBR ne suffit plus) ou des technologies nouvelles mettant en œuvre des membranes (MBR). A noter que la première installation de type MBR est réalisée par Veolia-Israël pour traiter les eaux usées de l'Aéroport International Ben Gourion.

Rareté de  la ressource : Les approches idéologiques traditionnelles, différentes et contradictoires en France et en Israël vont en s'accentuant.

En  France, malgré les sècheresses portant préjudice aux eaux souterraines, la rareté n'est toujours pas ressentie comme un problème majeur exigeant la recherche et la mise en œuvre méthodique du recyclage et de l'économie dans  l'usage de l'eau. 

En Israël, un effort considérable est investi pour faire la chasse systématique au gaspillage des ressources :

les collectivités locales sont obligées de transmettre la gestion de toutes les installations d'adduction en eau potable et de collecte et traitement des eaux usées à des  syndicats interurbains en charge de les moderniser et d'éviter les fuites dans les canalisations (20 à 25% des eaux transportées).

l'Autorité des Eaux envoie au domicile de chaque ménage un technicien pour installer deux accessoires économiseurs d'eaux aux robinets principaux et pour  leur expliquer l'intérêt de l'utilisation de ces accessoires à tous leurs robinets.

Grâce à ces mesures :

  • La consommation domestique  a été réduite entre 2007 et 2009 de 744 Mm 3/an à 669 millions de m3/an alors que la croissance démographique atteint 2% par an.
  • Pendant la même période la croissance de la consommation des eaux traitées recyclées de l'agriculture s'est accrue de 40%, passant à 500 Mm3/an.
  • Le taux de recyclage des eaux usées atteint en 2009 le record de 75%. Il est monté en 2012 à 80%. L’objectif final est d’atteindre 90%.
     

Cueillette /Production

En  France, l'approche traditionnelle basée exclusivement sur  la "cueillette" reste inchangée malgré les conséquences du changement climatique.

En Israël, un plan ambitieux de production industrielle de masse de toute la consommation des eaux domestiques est lancé :

Entre 2002 et 2013, la capacité des centrales de dessalement atteint 600 Mm3/an soit 90% de la consommation domestique totale du pays. Il est prévu de faire passer rapidement cette capacité à 700 Mm3/an.

La concurrence internationale pour la réalisation en BOT de ces centrales et les innovations technologiques qui en ont résulté ont permis de réduire progressivement le coût au m3 de 0.67 $ à 0.58 $ pour la première centrale (ASHKELON), et à 0.48 $ pour la plus récente (SOREK) et cela malgré la chute du taux du $.

Le grand israélien de la désalinisation, IDE, devient un grand mondial grâce à ses innovations technologiques, IDE est lauréat de la majorité des centrales de dessalement d'Israël et présente au niveau mondial une offre compétitive.

 Comparaison de l'évolution technique et technologique dans chaque pays, résultant des approches idéologiques dominantes dans chaque pays.

En France,  le dynamisme exceptionnel créé avant 1990 par l'épopée réussie des Agences de Bassin s'est essoufflée. Degrémont  et Veolia sont en recul sur les marchés mondiaux  du traitement des eaux usées et sur celui du dessalement des eaux de mer.

A noter le succès de VEOLIA Israël dans la réalisation de la Centrale d'Ashkelon, VEOLIA étant membre du consortium lauréat de l'appel d'offres aux côtés d'IDE.

En Israël, la politique menée à partir de 2002 est à l'origine d'une seconde révolution industrielle dans tous les domaines du Traitement des Eaux.

Bien plus, Israël a réussi à élargir ses ressources tout en  acquérant son indépendance face aux conditions climatiques et à la réduction des précipitations naturelles.