Approches Idéologiques et évolution technique dans chaque pays 1990-2002

Eaux Superficielles / Eaux Souterraines:

En France, il n'y a pas de modification de l'approche traditionnelle mettant  l'accent prioritaire sur l'examen des ressources en  Eaux Superficielles.

En Israël, un changement révolutionnaire se produit : Le Service Hydrologie du Commissariat aux Eaux démontre que

-  pour l'avenir du pays les ressources souterraines du pays sont beaucoup plus importantes que les ressources superficielles : ce sont les réserves qui permettront la croissance rapide sur le plan démographique et économique  à moyen terme du pays.

-  la réutilisation d’eaux insuffisamment dépolluées pour l’agriculture cause un préjudice grave à ces réserves : contrairement aux idées admises, entre 40% et 60% des eaux utilisées pour l'irrigation ne sont pas absorbées par les plantes et s'infiltrent vers les nappes phréatiques.

-  l'intérêt du pays est donc de viser des niveaux de traitement qui permettent de donner  la priorité à la protection des eaux souterraines.

 

Lutte contre la pollution

En France, les normes imposées pour le traitement des eaux usées sont élargies : en plus de la pollution carbonatée, elles concernent aussi la pollution azotée.

L'objectif visé est d'éviter des phénomènes de développements excessifs d'algues dans les lacs et les estuaires (eutrophisation). Le traitement indispensable pour atteindre ces normes est un traitement de type "secondaire avancé".

L'appel à la concurrence internationale est limité : le marché intérieur est protectionniste et dominé par  duopole : Degrémont et OTV.

Afin de faire face aux couts élevés des terrains pour la construction d’usines d'épuration urbaines, OTV lance une innovation : la construction souterraine des usines d'épuration traitant les effluents et transfert loin des centres urbains des installations de traitement des sous-produits. Cette solution est adoptée dans plusieurs centres touristiques internationaux  de la Côte d'Azur et à Marseille.

En Israël les normes imposées pour le traitement d'eaux usées deviennent de plus en plus sévères pour les pollutions carbonatées et azotées afin de protéger les ressources en eaux souterraines : les traitements classiques de type "secondaire" ne suffisent plus pour atteindre ces normes : elles nécessitent des traitements de type tertiaire et des innovations technologiques révolutionnaires.

le marché s'ouvre à la concurrence internationale avec des appels d'offres BOT(6), intégrant la responsabilité technique (qualité des effluents), l'ingénierie, la réalisation, la mise en route, l'exploitation durant 20 à 25 ans contre le financement des investissements nécessaires. Le paiement de l’opérateur s'effectue au m3 d'eaux traitées respectant les normes requises.

A noter, la différence de réaction des entreprises du traitement des eaux en France et en Israël suite à la découverte de la technique SBR(7) vers 1990

Cette technique de traitement des eaux usées bouleverse toutes les idées admises des élites technico-scientifiques de tous les pays développés sur le mode de  fonctionnement des différentes espèces de micro-organismes dans les réacteurs de biodégradation des pollutions.

Mais cette technique révolutionnaire permet d'atteindre dans de meilleures conditions de coût des niveaux de traitement de pollution plus exigeants et de comprendre des phénomènes observés restés jusqu'alors inexpliqués. La découverte s'est effectuée en Australie, une partie des élites sociales des Etats Unis, du Royaume Uni, de la plupart des pays anglophones et de certains pays européens (tels que  l'Allemagne) l'ont adoptée avec enthousiasme.

En Israël cette nouvelle technique a non seulement été adoptée : elle a donné lieu à des développements technologiques originaux  qui ont  permis de mettre au point des solutions nouvelles répondant  aux nouvelles normes sévères de traitement et élargissant les possibilités de traitement biologique d'effluents industriels difficiles a biodégrader. En France l'establishment a boudé le SBR.

 

Rareté de la ressource

 Les approches idéologiques traditionnelles, différentes et contradictoires en France et en Israël  se sont accentuées progressivement entre 1990 et 2002

En France : pas de changement

En Israël, le traitement tertiaire des effluents de l'usine de traitement des Eaux Usées du Goush Dan (1 000 000 habitants des centres urbains de Tel-Aviv et avoisinants) permet l'irrigation du Néguev en eaux traitées. L'innovation du projet vient d’une filtration sur des couches de sable géologiques permettant de stocker les eaux traitées en nappe phréatique superficielle au-dessus d'une couche imperméable (Ingénieur Immanouel  Ideolovitch(8).).

Cueillette /production

Les approches idéologiques différentes dans chaque pays avant 1990 ne sont pas modifiées entre 1990 et 2002. Comparaison de l'évolution technique et technologique dans chaque pays qui a résulté des approches idéologiques dominantes dans chacun.

En France

-  la réalisation d'installations de traitement des eaux usées souterraines par OTV a nécessité des développements technologiques originaux tels que l'utilisation de cultures bactériennes fixées sur des  supports innovants, techniques qui, avec des variantes, a été développée et adoptée dans plusieurs pays dont Israël.

-  la compétition devient plus sévère au niveau international et les groupes français perdent progressivement leur position de leaders mondiaux.

  En Israël

-  la mise en places de normes sévères au niveau des qualités exigées pour les eaux traitées est accompagnée  par :

  • l'ouverture du pays à la concurrence internationale
  • le lancement de marchés importants en BOT avec paiement au m3 d'eaux traitées conformément aux normes requises.
  • succès de la firme KBT dans ce secteur nouveau

-  Ces changements sont favorables aux développements techniques et technologiques : le retard accumulé avant 1990 dans le traitement des eaux usées est rattrapé.

-  L'adoption des techniques nouvelles (SBR, cultures fixées) commencent à placer les entreprises israéliennes comme des concurrents sur le marché mondial :

  • Les technologies, permettant la réutilisation des eaux traitées dans l'irrigation des parcs publics et des cultures y compris légumes, salades et fleurs en serre, commencent à être mises en œuvre avec succès. Ces technologies permettent de garantir que la qualité des effluents est "à chaque instant" conforme aux normes fixées.
  • Des technologies d'irrigation au "goutte à goutte enterré" avec des tuyauteries fines souterraines alimentées en eaux traitées sont mises au point avec succès.
  • Des technologies permettant le traitement biologique des effluents de zones industrielles importantes (Barkan(9) par exemple)  et celles d'usines rejetant des eaux résiduelles "non biodégradables" sont réussies (le Professeur Asher Brenner (10) joue un rôle de premier dans ces développements).
  • Le monde agricole perd sa priorité pour l'utilisation des eaux, le coton  n'est plus cultivé, le textile est remplacé progressivement par d'autres industries, la High Tech prend la première place dans l'activité nationale et s’étend au traitement des eaux et des déchets (Cleantech).

-  Durant cette période s'est produite la première révolution en Israël dans le Traitement des Eaux. Les leaders de la branche en France n'ont même pas participé aux Appels d'Offres par concours. Didier Haegel(11) DGA d'OTV, venu en Israël examiner l'intérêt de concourir en partenaire de KBT pour l'usine d'épuration d'Ashdod a considéré que les exigences du marché  israélien  étaient "trop élevées"  et la concurrence internationale "trop forte"  pour que ce marché soit intéressant.