L’homme de la pluie israélien préserve l’eau des écoles

L’enseignant en science naturelle Amir Yechieli a un deuxième job : montrer aux écoles comment collecter et réutiliser les eaux de pluies qui ruissellent sur leurs toits.  

« C’était un cauchemar, la moitié du mur extérieur de l’école s’effondra suite à la tempête et aux eaux de pluie ruisselant en torrents, causant pour 100000€ de dommages ». Mais cela inspira au professeur de sciences de 61 ans une solution écologique pour la récupération des eaux. Il avait étudié pour une thèse de maîtrise, les écoulements résultant des tempêtes dans le Sinaï. Il s’était rendu compte que toute cette eau qui avait causé de tels dommages au mur de son école pouvait aussi être utilisée dans les toilettes de son école, économisant ainsi sur sa facture d’eau : il calcula que ce même volume d’eau aurait suffit pour 6 mois de consommation d’eau de l’école. Il en parla au directeur de son école, obtint les fonds nécessaires et construisit le premier système de ce type dans le pays.  

Enfants au Kenya installant le système israélien de collecte des eaux de pluies sur les toits de leur école

15 ans après, c’est 120 écoles qui sont équipées et son entreprise, Yevul Mayim, aide Israël à collecter les eaux de pluie. Le matin, Yechieli continue à enseigner les sciences dans un collège près de Jérusalem et l’après-midi il travaille avec les élèves et les autres professeurs pour installer des systèmes de récupération de l’eau de pluie partout où il peut.

Economiser 100 jours d’eau

Il ne pleut en Israël que pendant, en moyenne 5 mois par an. Cela suffit, avec un investissement d’environ 8000€,  à collecter environ 100 jours de consommation d’eau d’une école.

L’un des dispositifs gagnant de son système de basse-technologie, est l’usage de multiples récipients de collecte plutôt que de déverser toutes les eaux de ruissellement dans un seul réservoir, car chaque récipient sert ainsi de filtre. Yechieli a mis au point un système pour enlever le sable et les débris qui s’accumulent au fond de ces réservoirs, résultant en une eau propre et potable.

Yechieli et Yevul Mayim n’ont pas breveté leur solution, par principe. Ses systèmes sont construits avec l’aide des enfants et ceux-ci en assurent la surveillance chaque jour. Au-delà des économies réalisées sur la facture d’eau, l’implication des enfants, outre sa valeur pédagogique, permet d’éviter tout dommage au réseau d’eau et de détecter très vite toute fuite. La formation écologique des enfants qui en résulte a des effets bien au-delà de l’école car c’est ainsi que les familles peuvent changer leurs comportements pour des modes de vie plus respectueux de l’environnement et plus durables. .

La paix commence avec l’eau

Yechieli a réalisé des projets de collecte des eaux de pluie qui rassemblent Juifs et Arabes israéliens, des Israéliens et des Jordaniens, des Israéliens et des Palestiniens.

Son influence est telle dans le monde scolaire que Yechieli est maintenant consulté par les responsables politiques sur la manière de récupérer les 20% d’eaux de pluies qui partent encore à la mer.

Amir Yechieli expliquant son système au Kenya.

Les seaux de pluie en Afrique

Les réalisations de Yechieli ont été vite connues bien au-delà d’Israël. L’ONG Tag International a emmené Yechieli au Kenya pour y construire un système apportant de l’eau à 600 villages qui ne disposaient pas d’eau courante. Les gens y consommaient l’eau tirée des fossés, alors qu’ils avaient des toits qui pouvaient collecter les eaux de pluie. Même quand USAID essayait d’apporter de l’aide, cela ne fonctionnait pas : si les gens ne sont pas impliqués directement dans la mise en œuvre, ils ne maintiendront pas le système en bon état.

Après le projet au Kenyan, repris en charge par les autorités locales, Yechieli a obtenu des fonds du KKL pour mettre en place un système de collecte des eaux de pluie à l’Université de Kampala en Ouganda. Celle-ci dépensait $15000 par mois pour ses factures d’eau, alors qu’elle est entourée de lacs. Les eaux y sont très polluées et il faut beaucoup d’énergie pour les purifier.  Avec une dépense de $30000 ils pourraient économiser la moitié de leurs factures d’eau à vie.  

Yuval Mayim fonctionne sur un budget minimal, avec seulement deux employés permanents : Yechieli et Paul Lichtenstein. Ils sont bases à Jérusalem et leurs affaires vont battre leur plein car la saison des pluies commence.