Hêtre ou ne pas hêtre ? Ce Tou-Bichvat, plantez intelligemment

Hêtre ou ne pas hêtre ? Ce Tou-Bichvat, plantez intelligemment

Par Jay Shofet, traduction Norbert Lipszyc


La fête de Tou B’chvat, célébrée cette année le 11 février, est un rappel fort à propos, de l’injonction du judaïsme pour une gestion environnementale de la Terre d’Israël.  Selon la Michnah, les enfants d’Israël de l’antiquité observèrent que la majorité des pluies d’hiver étaient tombées avant que l’on n’atteigne la moitié du mois de Chvat et qu’à cette date les premiers fruits commençaient à murir. Dans les générations qui suivirent, la célébration de ces phénomènes naturels évolua, au 16è siècle à Tzfat, d’une interprétation cabalistique, vers la fête de Tou B'chvat, une "Journée de la terre” juive.community garden in Beer Sheva Photo Lior Cohen

Tou B'chvat y fut imaginée comme le “Nouvel an des arbres” et sa célébration devait se faire en plantant des arbres en Israël, ce qui fut fortement renforcé » par le mouvement sioniste dès la fin du 19è siècle.  Les enfants apprennent dès leur plus jeune âge que planter un arbre à Tou B'chvat c’est accomplir le “commandement sioniste”. Que peut-on trouver à y redire ? Qu’est-ce qui pourrait être mauvais à planter un arbre dans notre terre semi aride au climat si chaud ?

Heureusement, nous avons appris de nos erreurs, et nous savons aujourd’hui que tous les arbres ne sont pas adaptés à tous les écosystèmes. Le consensus scientifique a fini par reconnaître que lors d’initiatives passées, à Tou B’Chvat et en d’autres temps, on avait, année après année,planté les mauvais arbres aux mauvais endroits.

De nos jours, il est important que chacun d’entre nous modifie son éthique sioniste consistant à planter des arbres dans tout espace disponible, et adopte des praitques plus respectueuses de notre environnement et plus socialement responsables.

Alors que les projections montrent qu’en 2020 Israël sera le pays le plus densément peuplé de l’OCDE, nous devons protéger nos espaces ouverts et promouvoir des politiques écologiques pour la reforestation du pays, coordonnées avec les plans d’urbanisme durable. Chacun d’entre nous doit inclure dans son éthique sioniste les alternatives socialement et écologiquement responsables.

Nous demandons simplement de planter intelligemment.

Par exemple, la SPNI promeut un urbanisme éco-responsable en plantant des arbres fruitiers, des légumes et des fleurs dans des dizaines de jardins communautaires dans des zones urbaines dans tout Israël, créant des oasis urbaines jouant un rôle à la fois social et écologique, les communautés y faisant pousser de la nourriture et créant des espaces verts.   

Hydroponic system at Enosh employment center Bat-yam. Photo Yoni Brauman.

A Bat-Yam, dans la banlieue de Tel-Aviv, la SPNI a créé un jardin hydroponique sur le toit du centre communautaire d’Enoch (Association Israélienne pour la santé mentale) dont les membres gèrent l’installation sous la direction de la SPNI. Il emploie les technologies les plus avancées qui soient.

Notre section de Tel-Aviv a lancé un nouveau projet pour créer des « forêts de nourriture et des sentiers de dégustation » à Guivatayim et à Ramat-Efal, démontrant qu’il est adéquat de faire pousser des plantes nourricières dans des paysages urbains, donnant de la nourriture gratuite aux personnes et aux pollinisateurs.   

A Jaffa, nous travaillons pour régénérer les zones ouvertes de quartiers dégradés en y plantant des jardins d’orangers qui y fleurirent au début du siècle passé.   

A Jérusalem, nous travaillons avec le réseau des écoles ultra-orthodoxes pour enseigner aux enfants et à leurs familles à jardiner.

A Haïfa, des jardins communautaires sont les lieux verts où se forgent de chaleureuses relations entre voisins. Les jardiniers bénévoles de ces communautés se disent très satisfaits de leur responsabilité sur ces jardins qui leur apportent du bonheur.

Community garden at Enosh employment center Bat-yam .Photo Aya Tager.

Planter, de par la nature de cette activité, promeut le développement, mais seulement lorsque nous plantons intelligemment peut-on à la fois apporter une bénédiction aux hommes et à la nature.

Alors à Tou B'chvat cette année, plantez donc des plants d’arbres fruitiers natifs de la région où vous vivez dans les cours de vos maisons et de vos écoles, afin de rendre hommage au sens original de cette fête. Si vous plantez des arbres en Israël, par vous-même ou au travers d’organismes qui s’en chargent, assurez-vous que ce sont les bons arbres plantés au bon endroit et soutenez la SPNI et son approche durable.

A Tou B'chvat, et en chaque saison, faites en sorte que l’on plante intelligemment. 


Voilà à quoi ressemble le désert du Néguev cette année à Tou Bichvat

Video courtesy of ISRAEL21C