Sauvons le sergent Ganga (ou grouse des sables)

Les “Forces de Protection de la Nature" sont un projet conjoint entre Tsahal, l’armée de défense d’Israël, avec la SPNI et le Service national des Réserves naturelles et parcs nationaux du pays. Il consiste à faire en sorte que des unités de Tsahal prennent la responsabilité de l’environnement dans et autour de leurs bases dans tout le pays.

L’effort national pour protéger l’environnement en Israël correspond tout à fait à l’éthique de Tsahal d’amour de la patrie et de loyauté indéfectible à l’état d’Israël. Des chefs d’unité très motivés et enthousiastes et leurs soldats mènent un ensemble de projets environnementaux divers, dont celui de préservation des gangas, les grouses des sables.


Au cœur du Néguev septentrional, une unité d’artillerie dispose d’un centre d’entraînement dans le bassin fluvial des rivières du Néguev. Les eaux de celles-ci sont riches en nutriments végétaux, qui en font, ainsi que les terres alentour, une terre d’alimentation riche pour de nombreuses espèces, dont le ganga. Ses collines et vallées luxuriantes forment un écosystème idéal pour certains des animaux les plus rares d’Israël comme le caracal, le loup, les gazelles dorcas, l’outarde houbara et le ganga, nom donné à la grouse des sables.

Sandgrouse drinking. Photo Meidad Goren

On trouve dans le Néguev quatre types de grouses (Pteroclidae)[...], chacune avec ses caractéristiques propres, dans son habitat spécifique : le ganga unibande, le ganga cata, le ganga tacheté et le ganga couronné. Une autre variété de ganga vit dans le sud de l’Arava, c’est le ganga de Lichtenstein.

Cet oiseau se nourrit exclusivement de graines, il doit donc boire souvent. La pollution de diverses sources par des eaux d’égouts a donc affecté leur fertilité, ce qui peut expliquer la diminution drastique du nombre de gangas des sables : plus de 90% en 20 ans.   

Dans le cadre du projet “Forces de Protection de la Nature", les officiers et soldats du centre d’entrainement de l’artillerie ont fait équipe avec les ONG locales de protection de l’environnement pour créer au sein de la base un bassin d’eau propre où les gangas des sables peuvent boire tout leur saoul et apporter à leurs oisillons de la nourriture non polluée. Les soldats assurent la maintenance du bassin et en contrôlent la qualité.

Un point d’observation caché a été construit non loin du bassin, permettant d’observer le comportement des oiseaux qui viennent y boire, sans les déranger. Cela réchauffe le cœur de voir ces jeunes hommes et femmes en kaki non seulement apprécier la nature mais s’engageant pour la protéger.  

Que savons-nous du très discret ganga ?

Les gangas des sables nichent sur le sol, seuls ou en petites colonies, dans les zones désertiques d’Asie, d’Afrique et d’Europe. Toutes les variétés ont certaines caractéristiques morphologiques communes : un corps dodu, une queue en pointe, des pattes courtes et des ailes puissantes et relativement longues. Ils se nourrissent de petites graines et pondent en moyenne deux œufs par couvée.

Leurs plumes robustes les protègent des radiations du soleil et leurs couleurs camouflage leur permettent de se fonder dans le paysage du désert. Leurs capacités de vol  permettent aux gangas de parcourir de longues distances à la recherche de nourriture et d’eau, les rendant bien adaptés aux conditions difficiles de leur habitat désertique.

Pendant la saison de reproduction, les parents immergent leurs plumes ventrales dans l’eau et rapportent ainsi l’eau nécessaire à leurs petits tant qu’ils ne peuvent voler. Mais les petits ne restent pas longtemps au nid, dès que les plus petits ont éclos, toute la niche suit ses parents, se cachant à l’ombre de leurs ailes aux heures les plus chaudes de la journée.   

Sandgrouse in Israel. Photo Meidad Goren

Les gangas se rassemblent souvent en grand nombre, parfois par milliers, près des points d’eau, communiquant entre eux, chaque espèce pouvant être identifiée par sa voix spécifique.   

La population de gangas en Israël était presque en extinction à cause de la dégradation à la fois de la qualité de l’eau qu’ils buvaient et de leurs habitats ainsi que du pacage excessif par les chèvres en particulier.

 

Pour préserver les restes de la population de gangas du Néguev, la SPNI s’est associée avec le Département des Réserves et Parcs nationaux et avec la municipalité de Ramat-Hanegev pour mettre en place la surveillance de leurs points d’eau et les équiper de capteurs de suivi par satellite afin d’identifier leurs comportements et habitudes de vols. Cette collaboration est maintenant étendue avec l’appui de Tsahal.