Comment nait un sentier de randonnée ? Les coulisses du balisage des sentiers en Israël

Le balisage des sentiers permet aux randonneurs de suivre des sentiers qui sans cela seraient inaccessibles. Afin de découvrir comment nait un sentier balisé, combien de professionnels sont mobilisés pour cela et quell est le sentier le plus long, rencontrons Moti Ben Chitrit, qui dirige le Comité du balisage de la SPNI.

Trail Marking Key

Le premier sentier d’Israël fut balisé en novembre 1947, dans le désert de Judée, entre Ein Feshkha et Ras El Feshkha. Il avait 3Km de long. Le balisage se termina à peine quelques semaines avant le début de la Guerre d’indépendance d’Israël.

La personne qui avait lance cette initiative de balisage était un ingénieur des ponts et chausses nommé Hillel Berger, qui était surtout connu comme celui qui enseignait la topographie à la Hagana (l’armée juive clandestine jusqu’à la fin du mandat britannique et qui fut le noyau de l’armée du nouvel état, dont Berger devint un instructeur). Berger écrivit et publia de nombreux guides topographiques sur Israël.

L’idée de baliser les sentiers est née en Europe de l’Est, dans des pays comme la Tchécoslovaquie, la Hongrie et la Roumanie. Le marquage se fait selon la « méthode des rectangles » : une large bande de peinture, d’environ 5 cm, entourée de deux bandes blanches de chaque côté. La bande de couleur au centre doit être visible d’une aussi grande distance que possible et elle est renforcée par les deux bandes blanches qui l’entourent. Cette méthode a été adaptée et modifiée selon la topographie israélienne.

Comment nait un sentier ?

Il existe plusieurs mythes sur la signification du marquage des sentiers, par exemple,   une marque rouge serait le signe d’un sentier extrême, une marque bleue, celle de la proximité de la mer. En réalité, les couleurs d’un sentier n’ont pas de sens particulier, il faut juste qu’elles soient aussi visible que possible et du plus loin possible. La couleur d’un sentier ne suggère rien sur sa longueur, sa difficulté, ni sa nature.  Le seul élément auquel une signification spéciale est affectée concerne le croisement de plusieurs sentiers.  Pour éviter toute confusion, des sentiers se croissant doivent être balisés avec des couleurs très différentes.

INT markings

Le marquage d’un sentier ne requiert pas qu’une brosse et un pot de peinture. Le processus demande des professionnels de plusieurs disciplines : protection de la nature, sécurité des randonneurs en particulier. Tout le concept est focalisé sur le confort et la sécurité tout en protégeant les valeurs naturelles.

Le sentier est prêt

Une fois un sentier marqué et sa carte publiée, il tombe sous la responsabilité des autorités chargées de la zone géographique en question, soit le Conseil régional, soit le Service National des Réserves naturelles et parcs nationaux.

Israel National Trail at the Carmel area. Photo: Dov Greenblat SPNI

Le balisage de tout sentier doit être renouvelé tous les 2 à 3 ans.  Selon les commentaires des randonneurs, la période de renouvellement peut être raccourcie. Beaucoup d’entre eux contactent la SPNI pour rendre, compte de l’état du sentier, ce qui conduit à renvoyer une équipe de marquage. Des inondations ou autres évènements affectant l’infrastructure conduisent à la maintenance du marquage.

Quelques détails qui peuvent vous intéresser :

Le sentier le plus long d’Israël actuellement est le Sentier National (qui relie le point le plus au nord à Eilat tout au sud) mesure 1100Km.

Le sentier marqué le plus récemment est le Cross-Néguev, qui dépend du Conseil régional de Ramat-Néguev. Il a été terminé cette année.

Si vous avez envie de devenir un marqueur de sentier en Israël, contactez le comité des sentiers de la SPNI et présentez-lui votre CV. La différence est que ce job vous amène à travailler avec le sourire. J