La nature dans votre assiette

 

Par Aya Tager - traduction par N. Lipszyc

La ballade de collecte de nourriture de la SPNI

Un dimanche ensoleillé de novembre, j’ai participé à la ballade de collecte de nourriture de la SPNI le long de la rivière aux crocodiles “Nahal Hataninim”.  

Nous connaissons tous l’expression ‘chasseur - cueilleur’ qui fait référence à la manière dont toute l’humanité se nourrissait avant l’invention de l’agriculture, période durant laquelle la principale source de nourriture et de médicaments des humains provenait de fruits et légumes poussant naturellement.

Foraging tour feast. Photo Aya Tager

 L’agriculture moderne permit la création de groupes humains solidaires beaucoup plus importants que les tribus primitives des chasseurs - cueilleurs (150 personnes au maximum), ce qui conduisit à la création des villes. Un mode de vie plus confortable se développa, mais les humains y perdirent tout le savoir et le savoir-faire accumulé au cours de centaines de milliers d’années, partagé par tous, concernant la nature, la botanique, la climatologie, la fabrication d’outils : ils se spécialisèrent et oublièrent tous ces savoir-faire.

De nos jours en Israël, les seuls humains qui se souviennent de l’usage des plantes sauvages sont les femmes druses et bédouines, mais même dans ces communautés, ce savoir s’estompe.  Heureusement, certains professionnels se sont donné pour mission de collecter cette expérience concernant la cueillette et la manière d’accommoder les plantes sauvages. Un de ces éducateurs culinaires est Yatir Sadé, qui organisa la ballade de la SPNI le long du Nahal Taninim. Il a un nom prédestiné (Sadé signifiant champ en Hébreu) et il connait sur le bout de ses doigts tout ce qui concerne la végétation sauvage qu’on y trouve. .

Yatir fit d’abord une brève introduction pour préciser qu’on ne cueillerait que des plantes que l’on trouve abondamment afin d’éviter tout risqué d’extinction. Il commença par cueillir ce qui ressemblait à des plantes différentes à chaque fois, afin de montrer les différentes étapes de développement du chardon (Gdilan en Hébreu).

Pour chaque plante il montra ensuite ou expliqua quel est le moment le plus favorable à la cueillette et quel est le meilleur usage pour chaque état de la plante. Le Nahal Taninim est l’une des rivières qui fut le moins polluée en Israël et qui a aussi été une des premières restaurées, d’où le choix de Yatir : les plantes sauvages qui poussent sur ses rives peuvent être consommées sans risque.

Rumex stew. Photo Aya Tager

La première plante que nous avons rencontrée lors de notre sortie était le rumex (aussi appelée parfois parelle, ou Humea en Hébreu) qui pousse presque partout en Israël Ses feuilles forment une rosette à sa base. Ne laissez pas son apparence banale vous leurrer, préparée à la poêle avec quelques oignons et champignons émincés cela donne un plat délicieux préparé en un rien de temps. Le rumex a aussi des qualités anti-oxydantes et il calme les irritations cutanées. 

La deuxième plante que nous trouvâmes fut le cresson (Gargir Nahalim en Hébreu), plante aquatique connue et consommée par les humains depuis la nuit des temps. Le cresson fait partie de la même famille que les moutardes, les radis et le wasabi, on l’ajoute souvent à des salades. En le mélangeant avec des noix rôties, de l’huile d’olive et de l’ail haché, on prépare un excellent pesto. Traditionnellement, le cresson était utilisé pour faciliter la digestion, en soupe par exemple, et aussi pour augmenter une pression sanguine basse. Dans la culture arabe, il est considéré comme prévenant l’impuissance chez les hommes.

 Nous cueillîmes trois autres plantes sauvages qui poussent en zones humides : un type de céleri sauvage (Apium nodiflorum) et deux types de menthes utilisables pour assaisonner une salade de clémentines.

wild celery and tangarine salad. Photo Aya Tager.

La sensibilisation croissante au développement durable et au fait que la nature disparait de plus en plus autour de nous, nous incite donc à apprendre comment les ressources naturelles que représentent la flore de la planète  peuvent nous aider par leurs qualités nutritionnelles et médicinales et à les utiliser de manière responsable.

 Pour participer à une des randonnées ou balades de la  SPNI, appelez le  +972-3-6388688