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Entrer dans l’année de la Shmita

Lawrence Kasmir

A Roch Hachana 2014 a commence l’année de la shmita ou année sabbatique de la terre.

Lawrence réfléchit sur la signification de l’année sabbatique pour les activités spécifiques de la SPNI

A Roch Hachana 2014 a commence l’année de la shmita ou année sabbatique de la terre. Selon le Lévitique 25:1–7, tous les 7 ans, la terre d’Israël doit être laissée en jachère pour toute l’année, afin de lui redonner vie. Ce commandement est l’une des fondations de la pensée juive en ce qui concerne la protection de l’environnement et le développement durable.

La première conséquence est que de ce Roch Hachana jusqu’au prochain (Sept 2014-Sept 2015) les Juifs religieux considèrent que tous les fruits et légumes qui croissent en Israël sont saints et ne doivent pas être consommés. Cela entraine des difficultés pour l’agriculture et donc pour les jardins communautaires de la SPNI.

Pour empêcher que l’agriculture israélienne ne s’effondre lors des premières vagues importantes d’immigration, les rabbins inventèrent le concept de ‘Heter Mehira’ selon lequel les terres agricoles peuvent être temporairement vendues à des non-Juifs pour un an. Cette pratique est toujours en vigueur aujourd’hui. Une autre solution est la culture hydroponique dans laquelle les plantes ne poussent pas dans le sol.SPNI hosts a workshop in a Community Garden to prepare for the Sabbatical year.

La SPNI respecte la shmita israélienne et participe à la coalition des organisations nationales mise en place par l’ONG Teva Ivri (la Nature Israélienne) pour promouvoir tous les concepts de la shmita comme partie intégrante des valeurs sociétales israéliennes. Divers personnalités politiques, et pas seulement des partis religieux, s’impliquent pour promouvoir les valeurs sociales défendues par les règles de la shmita. Ainsi la députée Ruth Calderon fait la promotion d’un fond spécial pour aider les familles à se désendetter, ce qui est l’une des règles de la shmita.

Utilisant les recommandations de l’Institut pour la Torah et la Terre d’Israël (Machon HaTorah v’Haaretz), la SPNI a aidé la centaine de jardins communautaires qu’elle a lancés à suivre les lois de la shmita.

 

Cultiver un jardin maraîcher

Pour respecter l’injonction concernant les récoltes sur la Terre d’Israël durant cette année, la SPNI aide les jardins communautaires à préparer des parterres de fleurs qui ne sont pas « dans la terre ». Ces parterres sont construits avec une couche de nylon qui les isole de manière imperméable du sol. Ces parterres de fleurs ont aussi des murets et un toit qui les séparent de manière sure de la terre. SPNI workshop participants learn how to build special flower beds for the Shmitta year

Durant tout l’été, la SPNI a organisé des ateliers à Beerchéva, Haïfa, Jérusalem et Tel-Aviv pour montrer aux jardiniers comment préparer ces parterres de fleurs à l’aide de matériaux disponibles et bon marché. Plus de 150 personnes y ont participé.

Selon la loi de la shmita, la terre retourne pendant cette année à son état originel, sans propriétaire. Par conséquent tout ce qui y pousse n’appartient à personne. Les jardins communautaires ont adopté cette idée et ont diffusé dans leurs quartiers les horaires où tout un chacun pouvait venir cueillir les produits et les emmener chez lui, même s’il n’a aucun lien avec le projet. Ce partage crée une atmosphère positive dans la communauté et encourage les gens à manger plus sainement. Cela participe à la promotion des jardins communautaires.


L’élimination des déchets

Comme les fruits et légumes qui poussent cette année en Israël sont considérés comme saints ils ne peuvent être jetés simplement avec les ordures. Pour cela beaucoup d’Israéliens utilisent des sacs poubelles séparés et, là où cela est disponible, les poubelles marrons spéciales pour les déchets organiques. Les jardins communautaires de la SPNI en profitent pour offrir leurs services de compostage, les déchets organiques se transformant ainsi en engrais verts qu’ils peuvent ensuite utiliser. La plupart des municipalités israéliennes ont mis en place cette collecte séparée des ordures et l’année de la shmita est une excellente occasion pour amener de plus en plus d’Israéliens à adopter cette pratique.


Réduire la Consommation

L’année de la shmita est une bonne occasion pour réfléchir sur nos modes de consommation. SPNI  Community Garden participants build a flower bed to prepare for the sabbatical yearQuand toutes les récoltes sont saintes, on peut se poser des questions sur ce que nous achetons, consommons et jetons en termes de nourriture. L’un des préparatifs pour la shmita dans les jardins communautaires de la SPNI a été de vérifier l’état des systèmes d’irrigation qui y sont installés afin de s’assurer que l’eau n’y est pas gaspillée et que le montant délivré à chaque plante est celui dont elle a vraiment besoin et qu’il n’y a pas de fuites.

 

Nouvelles Opportunités

Dans le cadre de notre partenariat avec Shmitta Israelit nous mettons en place des projets d’étude sur les textes religieux et laïques dans les jardins communautaires, concernant les notions d’environnementalisme, de consumérisme et de développement durable.

Autre projet, la SPNI va installer des jardinières où faire pousser des douzaines de plantes différentes dans 50 écoles maternelles de la région de Modi’in. Selon des études effectuées en Inde, les plantes améliorent de manière significative la qualité de l’air dans l’école réduisant la poussière et les polluants qui s’y trouvent et augmentant sa teneur en oxygène. Cette amélioration de la qualité de l’air permettra de booster le développement des enfants et incitera les élèves à étudier la nature.
La shmita est avant tout liée à la Terre d’Israël, mais c’est aussi une opportunité pour réfléchir à notre rapport à la planète, à ce que nous consommons et pour essayer d’autres choses.

Category: Education

Tagged under: Communautés, Education à l’Environnement, Jardins Communautaires